Classification des troubles liés aux traumatismes psychiques

dimanche 12 juin 2016
par  Philippe LHUILLIER

Il existe deux systèmes de classification pour les troubles mentaux. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, ou DSM) réalisée par l’Association américaine de psychiatrie (American Psychiatric Association, APA) et la Classification internationale des maladies (CIM-10) réalisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
La CIM-10 et le DSM-5 reposent sur les mêmes principes et présentent de nombreuses caractéristiques communes, sans pour autant être identiques.

 Diagnostic and Statistical Manual of mental disorder (DSM)

Les syndromes psycho-traumatiques qui avaient été plus ou moins reconnus dans le DSM-I sous le terme de « gross stress reaction », furent abandonnés dans la classifi¬cation du DSM-II, puis de nouveau réintroduits en 1980 dans le DSM-III, sous le terme de « Post-Traumatic Stress Disorder » (PTSD), état de stress post-traumtique (ESPT).

Malgré les limites de la description (centrée sur l’observation de comportements et états) des ESPT dans le DSM, celle-ci a eu l’avantage de faire reconnaitre une psycho¬pathologie fréquente aux conséquences pouvant être redoutables.
Une révision textuelle du DSM-IV, connue sous le titre DSM-IV-TR, a été publiée en 2000. L’édition la plus récente, cinquième édition (DSM-5), a été publiée en mai 2013 aux États-Unis et la version française en juin 2015.

 Classification Internationale des Maladies (CIM)

La classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, 10e révision, établie en 2008, (appelée « CIM-10 ») est une liste de classi-fications médicales codant notamment les maladies, signes, symptômes, circons-tances sociales et causes externes de maladies ou de blessures, publiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
La CIM est la norme d’information sanitaire mondiale pour les statistiques de mortalité et de morbidité qui définit l’univers des maladies, des troubles, des blessures et autres problèmes de santé connexes. Ces entités sont énumérées de façon exhaustive. Dans la CIM-10, les diagnostics de « troubles mentaux et du comportement » sont décrits dans le Chapitre V partagés en 10 groupes. L’ESPT est classé sous la catégorie « Troubles névrotiques, troubles liés à des facteurs de stress et troubles somatoformes ».

 Les troubles liés à des traumatismes ou à des facteurs de stress : une nouvelle catégorie dans le DSM-5

Dans le DSM-5 le trouble de stress post traumatique (anciennement état de stress post traumatique selon le DSM-IV-TR) ne fait plus partie des troubles anxieux mais d’une catégorie nouvelle : Troubles liés à des traumatismes ou à des facteurs de stress (« Trauma and Stressor-Related Disorders ») qui inclut également le stress aigu. La nouvelle catégorie vise à mettre en évidence des caractéristiques qui distinguent ces troubles des autres troubles anxieux.

Il convient désormais de préciser l’existence de symptômes dissociatifs de déperson-nalisation et/ou de déréalisation et de spécifier si le trouble de stress post-traumatique est différé lorsque les symptômes surviennent au moins 6 mois après l’exposition à l’événement traumatique.
Cette nouvelle catégorie des troubles liés à des traumatismes ou à des facteurs de stress du DSM-5 inclut :
- Le trouble réactionnel de l’attachement ;
- Le trouble d’engagement social désinhibé ;
- L’état de stress post-traumatique ;
- L’état de stress aigu ;
- Le trouble de l’adaptation ;
- Autre trouble lié aux traumatismes et au stress.

Alors que dans le DSM-IV, répartissait 17 symptômes en trois grands groupes de symptômes : reviviscence de l’évènement, évitement et activation neurovégétative ; dans le DSM-5, les symptômes de l’ESPT comptabilisent un total de 20 signes cliniques répartis en quatre types : reviviscence de l’évènement, évitement des stimuli évocateurs de l’évènement, altération des cogitions et de l’humeur et altération de la vigilance et de la réactivité.

Le DSM-IV considérait que seules les victimes directes pouvaient souffrir d’un trouble post-traumatique aigu ou chronicisé. Le DSM-5 admet qu’un sujet puisse être traumatisé du fait de sa proximité émotionnelle avec une victime directe (famille et amis proches) ou parce qu’il a été confronté de manière répétée à des récits sordides en raison de ses activités professionnelles. Le DSM-5 n’exige pas que l’individu ait mani¬festé une peur intense, un sentiment d’impuissance ou d’horreur face à l’événement.

Le DSM-5 élimine la spécification liée à l’évolution de l’affection. Le DSM-IV établissait une distinction entre l’ESPT aigu (durée des symptômes entre 1 et de 3 mois) et l’ESPT chronique (persistance des symptômes au-delà de 3 mois). Un sous-type développe¬mental, « l’ESPT préscolaire », destiné aux enfants jusqu’à l’âge de 6 ans, a été introduit. Les seuils diagnostiques ont été abaissés, des critères jugés inappropriés ont été supprimés ou adaptés pour être applicables aux jeunes enfants.

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